DressUndress

DressUndress

Avec ou sans habits?

26.02.2022-20.11.2022

Il est à nouveau permis de montrer le corps (nu). C’est ce qu’il ressort des récentes semaines de la mode. Les naked dresses, minijupes et autres crop tops font rage. Mais les tenues qui dissimulent le corps de la tête aux pieds sont également en vogue parmi les personnalités en vue. Quels sont vos canons de beauté ? Comment transposez-vous vos valeurs et vos normes dans vos tenues vestimentaires ? Et surtout : qu’est-ce qui vous influence dans vos choix ?

Depuis plusieurs siècles, la mode oscille entre cacher le corps et l’exposer. Ce qui est aujourd’hui accepté dans la mode ne l’était pas hier, et vice versa. Le tabou frappera tantôt la cheville, tantôt un dos nu. Qu’est-ce qui déclenche ce mouvement de balancier, et comment les créateurs le gèrent-ils ? Dans l’expo DressUndress, le Musée de la Mode de Hasselt tente de répondre à ces questions.

Un simple regard sur l’histoire de la mode suffit pour comprendre que la tension entre dissimuler et dévoiler est influencée par des normes et des valeurs liées à l’époque. L’approche du corps, de la beauté, de la sexualité, de la décence, de la discrétion ou du genre prend forme et varie dans la mode au gré des périodes. Comment ? En cachant le corps, ou certaines de ses parties, ou au contraire, en les mettant en évidence.

Créateurs confirmés et talents belges montants 

Montrer le corps n’est pas une tendance. DressUndress propose de découvrir des silhouettes de la fin du 18e siècle à nos jours. L’expo présente des créations de Vivienne Westwood, Olivier Theyskens, Walter Van Beirendonck, Schiaparelli, Raf Simons, Pieter Mulier pour Alaïa, Comme des Garçons, Hemlut Lang, Thierry Mugler, Ann Demeulemeester, Versace, Maison Margiela, Jean Paul Gaultier… mais aussi de nouveaux visages belges tels qu’Ester Manas et Lili Schreiber qui montrent comment, au fil des décennies écoulées, les stylistes ont manipulé le corps par le biais du vêtement.

#bodypositivity?

En 2022, les naked dresses choquent autant que les chevilles dénudées au dix-neuvième siècle. Tandis que les ados portent des crop-tops, un sein nu provoque un tollé sur les réseaux sociaux et est immédiatement censuré par un algorithme ad hoc. Vous vous baignez en burkini ? Attendez-vous à une tempête de critiques ! Qu’ils dévoilent ou dissimulent, les vêtements suscitent des avis très contrastés.

Quand est-il acceptable de montrer le corps ou, en revanche, de le dissimuler ? De qui ou d’où vient cette décision ? C’est également la question que se pose Murielle Scherre, commissaire invitée de l’expo et fondatrice de la marque de lingerie durable la fille d’O. Elle travaille quotidiennement avec le corps humain et n’hésite pas à monter au créneau pour défendre une approche inclusive du corps. Elle s’élève contre une série de canons de beauté stériles : ses créations sont conçues pour de vrais corps, avec de la cellulite, des rides, des taches de rousseur... Mais tout le monde ne partage pas son enthousiasme pour le corps « authentique ». C’est ce qui ressort de la censure sur les réseaux sociaux, comme Murielle Scherre a personnellement pu en faire l’expérience. Elle déclenche le débat et confronte chacun et chacune à ses propres normes et valeurs.

Murielle Victorine Scherre, commissaire invitée

L’exposition se clôture par l’installation vidéo YOUME de Murielle Scherre et Jan Verstraeten, musicien et artiste visuel, qui nous offrent une pause de lenteur dans la frénésie du monde qui nous entoure. Murielle et Jan ont réalisé le portrait de quatre personnes dans une lenteur désarmante et une infinie densité. Ces personnes dansent et explorent leur corps comme si elles en prenaient possession pour la première fois. Un petit moment où les gens peuvent bouger, en toute liberté. Un moment où les gens peuvent regarder comment la peau vit et rit, comment le bras devient la main, et comment ils dansent ensemble une danse sans fin. Sous les toits, des œuvres de Leo Gabin, Sam Druant, Nina Vandenbempt et Dolores Bouckaert viennent compléter l’installation vidéo. Pour terminer, Murielle entre en dialogue avec dix mannequins de la fille d’O. Comment perçoivent-elles leur corps ? Qu’évoque pour elle le genre, et que pensent-elles de la pensée binaire ? Elles partagent leurs défis et leur manière de transformer ceux-ci en leçons de vie. Chaque portrait montre comment des choix personnels sont faits dans des situations très humaines. La somme de tout ce que ces personnages ont vécu les rend uniques et inspirants, et renvoie le visiteur à lui-même. 

Audioguides DressUndress

Dans l’audioguide, la commissaire invitée Murielle Scherre et 5 intervenants passionnés proposent au visiteur de réfléchir de manière critique au jeu rarement innocent qui consiste à montrer et dissimuler le corps. Ils partagent leur regard sur les silhouettes exposées. Comment les choix vestimentaires peuvent-ils procurer de l’empowerment, c’est-à-dire nous donner du pouvoir ? Y a-t-il une forme de magie dans le fait de dissimuler le corps ? Vous retrouvez-vous dans la mode actuelle ?

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